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TaxiTram 7 octobre

La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec
Une maison de poussière, une maison de pierre, une maison de

Cette saison, La Galerie toute entière se tourne vers la notion d’hospitalité, interrogeant notre capacité d’accueil et d’ouverture. Elle est nécessairement un horizon, tant sa réalisation complète et radicale reviendrait à retourner le bâtiment comme un gant et à faire entrer le dehors dedans en un flux continu. Au-delà de la polarité dedans-dehors, on cherchera à expérimenter toutes les nuances de cette tentation d’ouverture qui peut être pour commencer, une manière de faire de nos gestes quotidiens, des gestes tournés hors de soi.
Sur une proposition des curateurs invités Maud Jacquin et Sébastien Pluot, l’exposition inaugurale commencera par une interprétation du poème A House of Dust (une maison de poussière) de l’artiste Alison Knowles, l’une des fondatrices du mouvement Fluxus au début des années 1960. Composé de plus de 80000 quatrains générés aléatoirement par un pro- gramme informatique en 1967, ce poème a ensuite été traduit par l’artiste sous la forme d’une architecture aux formes organiques dans laquelle
elle a créé une plateforme ouverte accueillant workshops, performances, concerts, cessions de poésie, projections de lms, suscitant de nombreuses réponses de la part d’autres artistes.
À La Galerie, ce poème de Knowles sera le point de départ de l’invitation faite aux artistes Felicia Atkinson, Jagna Ciuchta, Ben Kinmont, Myriam Lefkowitz, Sébastien Rémy et Joshua Schwebel à explorer la notion d’hos- pitalité déjà au cœur de leurs pratiques, en réponse au contexte architectu- ral et institutionnel du centre d’art, qui deviendra « Une maison de pierre, dans une métropole, utilisant tout type d’éclairage, habitée par ceux qui invitent les autres ».

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The House of Dust By Alison Knowles

En 1967, Alison Knowles réalise The House of Dust, un poème de 84000 quatrains généré par un programme informatique. Chaque quatrain commence par « Une maison en… » suivi par des permutations aléatoires de matériaux, de sites ou de situations, de sources lumineuses et de types d’habitants. L’exposition retrace l’histoire de ce que l’artiste appelle son « poem in progress » et invite 18 artistes à s’emparer de cette œuvre-partition et à proposer des interprétations nouvelles qui repensent la notion d’habitat et interrogent les rapports entre langage, technologie et architecture. Certains artistes choisissent de traduire l’un des quatrains sous la forme de constructions architecturales, de films ou de performances : maison d’édition DIY de Dieudonné Cartier, dispositif de communication avec des anguilles par A Constructed World, «architecture temporaire» née de la résonance intime entre Tyler Coburn et un participant unique. D’autres interprètes répondent à la logique même du poème. C’est le cas de Jagna Ciuchta qui fait de l’œuvre de Knowles une « machine à produire des fictions d’exposition ». D’autres artistes contribuent aux réflexions critiques sur les notions d’hospitalité et de participation (Mark Geffriaud, Joshua Schwebel, Ramiro Guerreiro), ou traitent de l’administration du langage et de l’information par les technologies (Peter Jellitsch, Jeff Guess). La mise en cause du système de normalisation des programmes architecturaux, urbains et sociaux était au cœur du projet d’Alison Knowles, au même titre que les architectures mobiles de Yona Friedman. Les œuvres de Kengo Kuma, Aurélie Pétrel, Francisco Tropa, Stéphane Magnin ouvrent, chacune de manière singulière, sur une nouvelle pensée urbaine.