Réseau artcontemporainParis / Île-de-France

13 - 09 - 2018, 17:00 > 21:00

Pour les pieuvres, les singes et les Hommes
Shimabuku

Vernissage en présence de l’artiste + Carte blanche à Jany Lauga : Performances de Cynthia Lefebvre et djordjevic (Gwendal Coulon).
Exposition jusqu’au 16 décembre.

Shimabuku explore et parcourt le monde – par ses voies maritimes, terrestres, aériennes – en observateur ou provocateur de situations insolites entre les êtres vivants, notamment les animaux qu’il affectionne particulièrement.

Né en 1969 à Kobé au Japon, habitant l’île d’Okinawa, Shimabuku porte une profonde attention à l’eau, source de vie, milieu d’échanges et d’expérimentations. La pieuvre est l’objet de son étude depuis les années 1990, devenue progressivement une icône de ses actions. Dans Octopus Road Project (1991), il la fait voyager de la mer intérieure de Seto jusqu’à la mer du Japon. Le récit de cette aventure est épique, malheureusement tragique. En 2003, il part à la pêche au poulpe au large d’Albisola en Italie à l’aide de poteries suspendues à une corde, une technique ancestrale japonaise. En 2006, c’est à un duo de Repentistas, ces chanteurs improvisateurs du Nordeste brésilien, qu’il transmet ce projet, relatant à leur tour et en rythme ce récit tentaculaire. À la fois drôle et poétique, Shimabuku réussit avec cette œuvre protéiforme à faire oublier les frontières géographiques et culturelles. Mû d’une empathie profonde avec son environnement, son travail se déploie par des idées simples et visuelles. Méticuleusement réalisées et documentées, ses œuvres donnent à lire et à voir les modalités de leur conception et révèlent la part importante laissée au hasard. Pour son exposition, il se saisit du terreau de la ville découvert lors de ses premières déambulations. Selon une cartographie empirique, il prélève des sédiments glanés çà et là qu’il nourrit comme les promesses de potentiels microcosmes. À ces îlots répond un film réalisé sur une plage d’Oshika. Des troncs et branchages échoués sont érigés dans le sable, évoquant par anticipation la résilience d’un paysage dévasté par une catastrophe naturelle.