Résidence Contours
La DRAC Île-de-France, la Cité internationale des arts et le réseau TRAM ont co-construit le programme de résidence Contours, programme de recherche à destination de commissaires d’exposition et/ou critiques d’art, travaillant et résidant en Union européenne. Initié en 2024, l’objectif de ce programme est d’encourager et de faciliter leur mobilité en soutenant les possibilités de rencontres avec la scène artistique et curatoriale française, tout en accompagnant des projets centrés sur une recherche qui pourront s’immerger au sein de la communauté de travail de la Cité internationale des arts et prendre connaissance des actions de soutien aux dialogues entre publics et centres d’art développées par le réseau TRAM.
Les partenaires s’engagent à soutenir les lauréats en leur permettant de bénéficier d’un accompagnement en lien avec leurs recherches et d’une mise en réseau professionnelle et francilienne.
Suite à cet appel à candidatures et à la réunion d’un jury, deux commissaires d’exposition et/ou critiques d’art seront sélectionnés.
Pour toute question, vous pouvez écrire à Lucine Charon, Secrétaire générale de TRAM.
Les lauréates de 2026/2027
Zuleykha Ibad est une commissaire d’exposition et chercheuse qui travaille entre Berlin, Bakou et Budapest, et s’intéresse particulièrement à l’art contemporain d’Europe de l’Est, du Caucase et d’Asie centrale. Son travail porte sur la notion d’attention : ce que l’art met en lumière, et ce qui reste généralement en marge. Formée à la scénographie et aux études curatoriales, elle travaille sur le langage, la voix et la culture orale, ainsi que sur l’écologie et le non-humain. Elle a organisé des expositions dans toute l’Europe et collaboré avec des partenaires tels que la Berlin Science Week, ARIA et la plateforme artistique Ta(r)dino 6, ainsi que sur des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son travail a bénéficié du soutien de la Fondation culturelle européenne, de l’Alliance européenne des académies et du programme « Creative Europe ».
English version
Zuleykha Ibad is a curator and researcher working between Berlin, Baku and Budapest, focused on contemporary art from Eastern Europe, the Caucasus and Central Asia. Her work is concerned with attention: what art brings into view, and what usually stays at its edge. Trained in scenography and curatorial studies, she works with language, voice and oral culture alongside ecology and the non-human. She has curated across Europe and worked with partners including Berlin Science Week, ARIA and Ta(r)dino 6 Art Platform, and at UNESCO World Heritage sites. Her work has been supported by the European Cultural Foundation, the European Alliance of Academies and Creative Europe.
Lydia Korndoerfer est une chercheuse, autrice et curatrice. Elle est diploméée d’un master en Histoire des arts visuels et a étudié à l’université d’Humboldt à Berlin et de Bologne. Son travail se concentre sur l’interdisciplinarité des pratiques artistiques engageant les réalités présentes et futures qui explorent les narrations dominantes et alternatives socio-politiques, spirituelles et scientifiques. Actuellement, elle s’attache à étudier les pratiques artistiques engagées et leur représentations institutionnelles.
Korndoerfer a travaillé, entre autres, à l’Associate Curator at Haus der Kunst à Munich et au Kunstverein Arnsberg en tant que directrice artistique. Elle a contribué comme autrice et éditrice à plusieurs catalogues d’exposition et monographies d’artistes. Elle a aussi enseigné à German art academies dont l’Université d’art de Berlin.
English version
Lydia Korndoerfer is a researcher, author, and curator. She holds a Master’s degree in Art and Visual History, and studied at Humboldt University in Berlin and the University of Bologna. Her work focuses on interdisciplinary artistic practices that engage with present and future realities, exploring dominant and alternative socio-political, spiritual, or scientific narratives. She currently examines socially engaged artistic practices and their institutional representation. Korndoerfer has worked, amongst others, as Associate Curator at Haus der Kunst in Munich, and as Artistic Director of Kunstverein Arnsberg. As an author and editor, she has contributed to several exhibition catalogues and monographs. She has also taught at German art academies, including the Berlin University of the Arts.
Les lauréates de 2025/2026
Mya Berger est une curatrice, artiste et écrivaine d’origine marocaine et suisse. Son passé en économie, sociologie et études culturelles guide son travail. Elle s’intéresse notamment à la poésie et la viscéralité des archives, de la recherche et de la documentation. Sa pratique touche aussi aux approches non-didactiques à la critique d’art. Elle effectue désormais une recherche sur une nouvelle méthode de narration du processus créatif d’artistes émergent.e.s de diaspora, symptomatique d’une identité fragmentée entre les frontières. Diplomée de l’Amsterdam University College et de la Central Saint Martins School of Arts, elle a collaboré avec la Bauhaus Stiftung, et la London College of Communication, entres autres. Ses textes ont été publiés par Spector Books, Textur Magazine et Arts of the Working Class.
Sa recherche à La Cité Internationale Des Arts propose une alternative à la critique d’art linéaire. En effet, elle s’intéresse à une méthodologie d’entretiens créatifs et collaboratifs qui poussent les artistes à discuter de leur pratique tout en manipulant des photographies de leurs archives personnelles. Les entretiens sont filmés et enregistrés et feront lieu d’un corpus d’exploration des différents profils d’artistes choisi·e·s.
Virág Szentkirályi est une curatrice et productrice culturelle basée à Amsterdam qui se définit comme une facilitatrice au service des artistes, travaillant en solidarité avec eux. Elle possède plus de dix ans d’expérience au sein d’institutions telles que le Wereldmuseum (anciennement Tropenmuseum), la Rijksakademie van beeldende kunsten et Loods6, où elle a développé des programmes, facilité des processus artistiques et créé les conditions nécessaires à l’émergence de travaux exigeants. À la Rijksakademie (2017–2024), sa pratique s’est concentrée sur une mise en relation quotidienne et réactive entre artistes et conseillers, coordonnant les connexions en fonction de l’évolution des besoins de recherche des artistes. Son travail curatorial indépendant, notamment Memory Landscapes (Kasseler Kunstverein) et ses recherches en cours avec l’artiste Polina Kanis, poursuit cet engagement à créer un espace permettant aux artistes de travailler selon leurs propres termes.
À la Cité internationale des arts, ses recherches portent sur les stratégies curatoriales de résistance face à la censure, aux pressions institutionnelles et aux restrictions politiques. Le projet prend la forme d’une constellation vivante de récits et de pratiques curatoriales. Ce travail découle directement d’années de pratique où elle a cherché à maintenir un équilibre entre favoriser la liberté artistique et composer avec les réalités institutionnelles.
Les lauréat·es de 2024/2025
Nikolaos Akritidis (né à Bruxelles, Belgique) est un commissaire d’exposition et géographe grec vivant et travaillant à Bruxelles. Son travail documente les contextes urbains, la mémoire culturelle portée par leurs habitants, et les histoires enfouies dans les strates de l’environnement bâti. Portant un intérêt particulier à l’écologie urbaine, au soin, et aux expériences de migration, Akritidis explore la coexistence des vies humaines et non humaines qui insufflent la transformation continue de la ville. Diplômé de Goldsmiths et de l’UCL, il a récemment réalisé des projets en partenariat avec koraï project space (Nicosie), Les Fondations 312 (Bruxelles), Phaneromenis70 & NiMAC (Nicosie), le UCL Urban Lab (Londres), et Deptford X (Londres). En 2020, il a été sélectionné pour le programme NEON Curatorial Exchange, organisé par la Whitechapel Gallery (Londres) et NEON (Athènes). Son travail éditorial a été publié sur e-flux, et en 2021, il a reçu le Frank Carter Prize de l’UCL pour ses recherches sur l’urbanisme postcolonial.
Le projet de recherche Péripatétique sur Seine consiste à explorer des sites urbains dans les environs de la Cité internationale des Arts et au long de la Seine afin de commenter sur leur condition contemporaine en collaboration avec d’autres résident.e.s de la cité, des organisations parisiennes, et le public. Cette recherche se situe donc à l’intersection entre l’art et la géographie afin de porter des réflexions sur l’architecture et l’espace public de Paris, avec son riche tissu culturel et ses dynamiques contrastées entre le centre et la banlieue. L’objectif est de créer des espaces d’échange qui invitent le public à découvrir des démarches artistiques tout en nourrissant une réflexion collective sur l’espace urbain contemporain dans le contexte post-Olympique d’une capitale en pleine mutation.
Luise Willer est curatrice et chercheuse basée à Berlin. Elle est membre du centre de recherche collaboratif Intervening Arts et prépare un doctorat en histoire de l’art à la Freie Universität Berlin, portant sur le thème de l’assemblée dans l’art contemporain. Elle s’intéresse aux pratiques artistiques orientées vers le social, en particulier leurs moments performatifs et leurs formes d’organisation. Elle examine ces pratiques afin de mieux comprendre leurs visions du futur, leurs processus collaboratifs et leurs critiques des institutions. Avec divers partenaires institutionnels et indépendants, elle crée des formats collaboratifs visant à développer des réseaux durables et résilients. Depuis 2023, elle fait partie du School of Commons à la ZHdK Zurich avec there, there working group. Diplômée en histoire de l’art global de l’Université de Heidelberg et en muséologie de l’École du Louvre, elle a travaillé dans plusieurs institutions culturelles, notamment comme chargée de recherche au sein du Service de la Création Contemporaine et Prospective du Centre Pompidou. Ses écrits ont été publiés dans des catalogues d’exposition, des revues académiques et des articles de critique d’art.
Le projet de recherche « on care-full organizing », initié par Simona Dvorák et Luise Willer, prend forme dans une série d’assemblées organisées entre Berlin et Paris. Cette initiative vise à créer un espace d’expression libre et d’écoute tout en établissant un protocole actif et collaboratif pour une organisation féministe. Basé sur des expériences partagées, « on care-full organizing » s’appuie sur des notions telles que le care, la vulnérabilité, l’interdépendance et l’alliance. Après une première itération du projet à Berlin, dans le cadre d’une collaboration entre SAVVY Contemporary et lumbung radio en octobre 2024, le projet envisage désormais de se déployer à Paris dans les mois à venir.








