Réseau artcontemporainParis / Île-de-France

Ipamamu - Histoires de Wawaim
Éléonore Lubna et Louis Matton

Ipamamu – Histoires de Wawaim est une plongée dans le conflit de 1979 qui opposa les Awajùns au réa¬lisateur allemand Werner Herzog et à son projet de film Fitzcarraldo qu’il souhaitait réaliser dans la région du Alto Marañón au Pérou. Le refus des Awajùns d’accueillir et d’œuvrer à la réalisation du film contraint le réalisateur à partir tourner au centre du pays, sur les fleuves Urubamba et Camisea.
Cet échec pour Werner Herzog fut en revanche pour les indigènes un moment politique important et fé¬dérateur ; le Consejo Awajùn y Wampis (première organisation représentative des populations indiennes de la région créée en 1977) acquit de l’importance et de la visibilité lors de cette lutte. Face au mépris du cinéaste et de son équipe pour l’organisation politique et ethnique des Awajùns, ils·elles refusèrent de participer à la réalisation du film, s’opposant notamment à rejouer un pan douloureux de l’histoire des peuples ama¬zoniens. En réponse à l’insistance de Werner Herzog et des pratiques violentes de ses allié·e·s péruvien·ne·s, les Awajùns s’organisèrent pour faire reconnaître cette situation comme une violation de leur droit de propriété, d’usage et d’autodétermination de leur territoire.

Avec l’aide des principaux·ales protagonistes indigènes de la lutte, Evaristo Nugkuag Ikanan, Antuash Chigkim Mamaik, Delfin Nujigkus Payag et Raquel Caicat Chias, de l’anthropologue Silvia Romio, de l’agronome Eric Sabourin, de la militante Kathe Meentzen, et de la cinéaste Nina Gladitz, ont été réunis différents récits du conflit et des documents ayant été produits à l’époque.
En écho à ces documents, à partir des souvenirs des militant·e·s encore vivant·e·s, des imaginaires des générations actuelles de Wawaim et des savoir-faires traditionnels Awajùn, nous avons collectivement façonné un nouveau portrait de cette lutte et de la communauté native de Wawaim. Timoteo Chimpa Apikai, auteur de ces photographies, contribue à construire cette vision actuelle de l’histoire des Awajùns en apportant son regard sur une partie de chasse en forêt.

Les Awajùns sont, en ce moment, durement touché·e·s par l’épidémie de covid-19. Les communautés ne sont pas suffisamment équipées, ni accompagnées par l’Etat péruvien pour faire face à cette crise. En plus du danger immédiat que présente la maladie, à laquelle beaucoup d’entre eux·elles succombent, les effets dans les années qui viennent risquent de fragiliser la société Awajùn puisque leurs leaders politiques les plus expérimenté·e·s sont des personnes âgées, particulièrement vulnérables face à cette pandémie.

https://www.lafermedubuisson.com/ipamamu-histoires-de-wawaim

Biographie

Eléonore Lubna et Louis Matton (né.e.s en 1989, vivent et travaillent à Paris) mènent ensemble depuis 2016 le projet Ipamamu – Histoires de Wawaim en collaboration avec les habitant·e·s de Waiwam (Pérou).

Timoteo Chimpa Apikai (né en 1969) a été Apu*, un des membres du conseil de la communauté de Wawaim, de 2015 à 2017, et y enseigne aujourd’hui le castillan en cours du soir. Dans le cadre du projet, il a réalisé une série de photographies lors de plusieurs parties de chasse en forêt.

Que ce soit par l’utilisation de la photographie, de la vidéo ou de l’installation, Eléonore Lubna travaille de manière coopérative. En association avec des familles roms installées à Arles, de 2014 à 2017, elle réalise Quai de la Gabelle ou encore Dzherelo de Kiev au Donbass (2017-2019) avec des personnes déplacées du Donbass en guerre.

De 2012 à 2015, Louis Matton réalise Objets Autonomes, un ensemble photographique portant sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, qui a notamment fait l’objet d’un livre paru aux éditions Poursuite en 2018. Son projet Aéroparis, débuté en 2014, met en œuvre une société fictive ayant remporté un appel d’offre pour la réalisation d’un complexe aéroportuaire au beau milieu de Paris.

* Les Communauté Natives sont issues du modèle des Communautés Andines. Chacune d’entres elles compte un Conseil, constitué de cinq figures d’autorité principales : l’apu, le-la vice-apu, le·la secrétaire, le·la trésorier·e et le-la vocal. L’Apu est élu par les habitants et a vocation à organiser la discussion et la communication, ainsi que la gestion des affaires administratives de la communauté.

Eléonore Lubna et Louis Matton, avec Timoteo Chimpa Apikai, Ipamamu – Histoires de Wawaim, 2016-2020, La Ferme du Buisson, projet de soutien à la création « Après », TRAM Réseau art contemporain Paris / Île-de-France, diffusé dans The Art Newspaper en juillet 2020.
Le projet a bénéficié en 2017 du soutien à la photographie documentaire du Centre National des Arts Plastiques et en 2019 du mécénat de la Fondation des Artistes (FNAGP).

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APRÈS > 30 cartes blanches confiées par TRAM à des artistes et auteur·e·s Ipamamu – Histoires de Wawaim est une plongée dans le conflit de 1979 qui opposa les Awajùns au réa¬lisateur allemand Werner Herzog et à son projet de film Fitzcarraldo qu’il souhaitait réaliser dans la région du Alto Marañón au Pérou. Le refus des Awajùns d’accueillir et d’œuvrer à la réalisation du film contraint le réalisateur à partir tourner au centre du pays, sur les fleuves Urubamba et Camisea. Cet échec pour Werner Herzog fut en revanche pour les indigènes un moment politique important et fé¬dérateur ; le Consejo Awajùn y Wampis (première organisation représentative des populations indiennes de la région créée en 1977) acquit de l’importance et de la visibilité lors de cette lutte. Face au mépris du cinéaste et de son équipe pour l’organisation politique et ethnique des Awajùns, ils·elles refusèrent de participer à la réalisation du film, s’opposant notamment à rejouer un pan douloureux de l’histoire des peuples ama¬zoniens. En réponse à l’insistance de Werner Herzog et des pratiques violentes de ses allié·e·s péruvien·ne·s, les Awajùns s’organisèrent pour faire reconnaître cette situation comme une violation de leur droit de propriété, d’usage et d’autodétermination de leur territoire. Avec l’aide des principaux·ales protagonistes indigènes de la lutte, Evaristo Nugkuag Ikanan, Antuash Chigkim Mamaik, Delfin Nujigkus Payag et Raquel Caicat Chias, de l’anthropologue Silvia Romio, de l’agronome Eric Sabourin, de la militante Kathe Meentzen, et de la cinéaste Nina Gladitz, ont été réunis différents récits du conflit et des documents ayant été produits à l’époque.[…] [texte complet dans les images] Eléonore Lubna (@eleonore_)et Louis Matton, avec Timoteo Chimpa Apikai, Ipamamu – Histoires de Wawaim, la Ferme du Buisson, Noisiel (77), Projet de soutien à la création « Après », TRAM Réseau art contemporain Paris / Île-de-France et diffusé dans The Art Newspaper en juillet 2020. Le projet a bénéficié en 2017 du soutien à la photographie documentaire du Centre National des Arts Plastiques (@cnapfr) et en 2019 du mécénat de la Fondation des Artistes (FNAGP) @theartnewspaper.france

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APRÈS > 30 cartes blanches confiées par TRAM à des artistes et auteur·e·sIpamamu – Histoires de Wawaim est une plongée…

Publiée par Tram Réseau art contemporain Paris / Ile-de-France sur Vendredi 10 juillet 2020