Réseau artcontemporainParis / Île-de-France

Résidence Contours

La DRAC Île-de-France, le réseau TRAM et la Cité internationale des arts lancent l’appel à candidatures pour la résidence Contours, un programme de recherche destiné aux commissaires d’exposition et/ou critiques d’art travaillant et résidant dans l’Union Européenne. Créé en 2024, ce dispositif favorise la mobilité professionnelle et artistique, tout en offrant un cadre d’échanges privilégiés avec la scène curatoriale française et la communauté internationale accueillie à la Cité internationale des arts.

TRAM – réseau art contemporain Île-de-France a le plaisir d’accompagner les deux lauréates du programme de résidence CONTOURS : Mya Berger et Virág Szentkirályi.

Leurs parcours singuliers, la force de leurs recherches artistiques et l’exigence de leurs pratiques ont convaincu le jury, qui leur témoigne une entière confiance pour poursuivre et approfondir leurs projets au sein de ce programme. Nous nous réjouissons d’accompagner ces deux commissaires dans une nouvelle étape de leur développement professionnel et de leur découverte du paysage artistique francilien.

TRAM mobilise ainsi entre début novembre et fin janvier 2026 son réseau de structures, de professionnel·les et de lieux de création afin de favoriser l’accueil, l’accompagnement et la mise en relation des deux lauréates avec les acteur·rices de la scène artistique contemporaine de la région. Par une programmation de rencontres, de visites et d’échanges professionnels notre objectif est de contribuer pleinement à leur intégration dans les dynamiques locales tout en valorisant la diversité des pratiques artistiques.

Pour toute question, vous pouvez écrire à Lucine Charon, Secrétaire générale.

Les lauréates de 2025/2026

Mya Berger est une curatrice, artiste et écrivaine d’origine marocaine et suisse. Son passé en économie, sociologie et études culturelles guide son travail. Elle s’intéresse notamment à la poésie et la viscéralité des archives, de la recherche et de la documentation. Sa pratique touche aussi aux approches non-didactiques à la critique d’art. Elle effectue désormais une recherche sur une nouvelle méthode de narration du processus créatif d’artistes émergent.e.s de diaspora, symptomatique d’une identité fragmentée entre les frontières. Diplomée de l’Amsterdam University College et de la Central Saint Martins School of Arts, elle a collaboré avec la Bauhaus Stiftung, et la London College of Communication, entres autres. Ses textes ont été publiés par Spector Books, Textur Magazine et Arts of the Working Class.
Sa recherche à La Cité Internationale Des Arts propose une alternative à la critique d’art linéaire. En effet, elle s’intéresse à une méthodologie d’entretiens créatifs et collaboratifs qui poussent les artistes à discuter de leur pratique tout en manipulant des photographies de leurs archives personnelles. Les entretiens sont filmés et enregistrés et feront lieu d’un corpus d’exploration des différents profils d’artistes choisi·e·s.

English version
Mya Berger is a Moroccan and Swiss curator, artist, and writer with a background in economics, sociology, and cultural studies. Her curatorial work touches upon the poetry of archives, research, and documentation. She is also interested in original approaches to art criticism. She is currently researching the narration surrounding emerging diaspora artists and their creative processes, characterised by a fragmented identity. Having received diplomas from Amsterdam University College and the Central Saint Martins School of Art, she has collaborated with the Bauhaus Stiftung and the London College of Communication, among others. Her writings have been published by Spector Books, Textur Magazine, and Arts of the Working Class.
Her research at La Cité Internationale Des Arts focuses on proposing an alternative to linear art criticism. Indeed, she is interested in developing an interview methodology where diaspora artists discuss their creative practices as they manipulate photographs from their personal archives. While she films and records the interviews, she seeks to present said interviews in an immersive way.

© Hanna Torseke

Virág Szentkirályi est une curatrice et productrice culturelle basée à Amsterdam qui se définit comme une facilitatrice au service des artistes, travaillant en solidarité avec eux. Elle possède plus de dix ans d’expérience au sein d’institutions telles que le Wereldmuseum (anciennement Tropenmuseum), la Rijksakademie van beeldende kunsten et Loods6, où elle a développé des programmes, facilité des processus artistiques et créé les conditions nécessaires à l’émergence de travaux exigeants. À la Rijksakademie (2017–2024), sa pratique s’est concentrée sur une mise en relation quotidienne et réactive entre artistes et conseillers, coordonnant les connexions en fonction de l’évolution des besoins de recherche des artistes. Son travail curatorial indépendant, notamment Memory Landscapes (Kasseler Kunstverein) et ses recherches en cours avec l’artiste Polina Kanis, poursuit cet engagement à créer un espace permettant aux artistes de travailler selon leurs propres termes.À la Cité internationale des arts, ses recherches portent sur les stratégies curatoriales de résistance face à la censure, aux pressions institutionnelles et aux restrictions politiques. À travers des études de cas, des entretiens et des recherches d’archives, elle élabore un lexique vivant de tactiques pratiques et poétiques visant à protéger les voix artistiques. Ce travail découle directement d’années de pratique où elle a cherché à maintenir un équilibre entre favoriser la liberté artistique et composer avec les réalités institutionnelles.

English version
Virág Szentkirályi is a curator and cultural producer based in Amsterdam who identifies as an art-enabler – someone who works from a position of service and solidarity with artists. She has over ten years of experience at institutions including Wereldmuseum (formerly Tropenmuseum), Rijksakademie van beeldende kunsten, and Loods6, where she has developed programs, facilitated artistic processes, and created conditions for challenging work to unfold. At the Rijksakademie (2017–2024), her practice centered on responsive, daily matchmaking between artists and advisors, coordinating connections based on artists’ evolving research needs. Her independent curatorial work – including Memory Landscapes (Kasseler Kunstverein) and ongoing research with artist Polina Kanis – continues this commitment to creating space for artists to work on their own terms.
At La Cité internationale des arts, her research examines curatorial strategies of resistance in contexts of censorship, institutional pressure, and political restriction. Through case studies, interviews, and archival research, she is developing a living lexicon of practical and poetic tactics that protect artistic voices. This work grows directly from years of practice navigating the balance between enabling artistic freedom and mediating institutional realities.

© Jeroen Dietz

Les lauréat·es de 2024/2025

Nikolaos Akritidis (né à Bruxelles, Belgique) est un commissaire d’exposition et géographe grec vivant et travaillant à Bruxelles. Son travail documente les contextes urbains, la mémoire culturelle portée par leurs habitants, et les histoires enfouies dans les strates de l’environnement bâti. Portant un intérêt particulier à l’écologie urbaine, au soin, et aux expériences de migration, Akritidis explore la coexistence des vies humaines et non humaines qui insufflent la transformation continue de la ville. Diplômé de Goldsmiths et de l’UCL, il a récemment réalisé des projets en partenariat avec koraï project space (Nicosie), Les Fondations 312 (Bruxelles), Phaneromenis70 & NiMAC (Nicosie), le UCL Urban Lab (Londres), et Deptford X (Londres). En 2020, il a été sélectionné pour le programme NEON Curatorial Exchange, organisé par la Whitechapel Gallery (Londres) et NEON (Athènes). Son travail éditorial a été publié sur e-flux, et en 2021, il a reçu le Frank Carter Prize de l’UCL pour ses recherches sur l’urbanisme postcolonial.

Le projet de recherche Péripatétique sur Seine consiste à explorer des sites urbains dans les environs de la Cité internationale des Arts et au long de la Seine afin de commenter sur leur condition contemporaine en collaboration avec d’autres résident.e.s de la cité, des organisations parisiennes, et le public. Cette recherche se situe donc à l’intersection entre l’art et la géographie afin de porter des réflexions sur l’architecture et l’espace public de Paris, avec son riche tissu culturel et ses dynamiques contrastées entre le centre et la banlieue. L’objectif est de créer des espaces d’échange qui invitent le public à découvrir des démarches artistiques tout en nourrissant une réflexion collective sur l’espace urbain contemporain dans le contexte post-Olympique d’une capitale en pleine mutation.

Avec l’aimable autorisation de l’artiste

Luise Willer est curatrice et chercheuse basée à Berlin. Elle est membre du centre de recherche collaboratif Intervening Arts et prépare un doctorat en histoire de l’art à la Freie Universität Berlin, portant sur le thème de l’assemblée dans l’art contemporain. Elle s’intéresse aux pratiques artistiques orientées vers le social, en particulier leurs moments performatifs et leurs formes d’organisation. Elle examine ces pratiques afin de mieux comprendre leurs visions du futur, leurs processus collaboratifs et leurs critiques des institutions. Avec divers partenaires institutionnels et indépendants, elle crée des formats collaboratifs visant à développer des réseaux durables et résilients. Depuis 2023, elle fait partie du School of Commons à la ZHdK Zurich avec there, there working group. Diplômée en histoire de l’art global de l’Université de Heidelberg et en muséologie de l’École du Louvre, elle a travaillé dans plusieurs institutions culturelles, notamment comme chargée de recherche au sein du Service de la Création Contemporaine et Prospective du Centre Pompidou. Ses écrits ont été publiés dans des catalogues d’exposition, des revues académiques et des articles de critique d’art.

Le projet de recherche « on care-full organizing », initié par Simona Dvorák et Luise Willer, prend forme dans une série d’assemblées organisées entre Berlin et Paris. Cette initiative vise à créer un espace d’expression libre et d’écoute tout en établissant un protocole actif et collaboratif pour une organisation féministe. Basé sur des expériences partagées, « on care-full organizing » s’appuie sur des notions telles que le care, la vulnérabilité, l’interdépendance et l’alliance. Après une première itération du projet à Berlin, dans le cadre d’une collaboration entre SAVVY Contemporary et lumbung radio en octobre 2024, le projet envisage désormais de se déployer à Paris dans les mois à venir.

© Sascha Schlegel