Réseau artcontemporainParis / Île-de-France

Du 11 - 04 au 09 - 05 - 2026

Big Shoes To Fill

“Le clown, virtuose et poète du désordre, se déséquilibre tant, qu’il nous présente une image amusante, mais aussi terrifiante, symbole de mort physique, par ses chutes, mais aussi sociale, conséquence de ses troubles du comportement.”
Philippe Goudard, Le clown, poète du désordre, in Le désordre, 2013

Pervers retord ou poète queer, révolutionnaire acharné ou entrepreneur docile, le clown contemporain incarne le meilleur et le pire de la remise en question des codes qui régissent nos sociétés. L’exposition Big Shoes To Fill interroge les puissances transgressives qui l’habitent et s’intéresse à la manière dont cette figure assume la fonction mythologique du trickster : renverser l’ordre établi quel qu’il soit. Jouant de l’expression anglophone et de la taille de ses chaussures iconiques, le titre de l’exposition invoque à la fois la “responsabilité” et l’ “héritage” du clown et de son image. Big Shoes to Fill, la question restant “de quoi ?”. A travers une sélection d’œuvres contemporaines et historiques, l’exposition montre comment les artistes investissent cette silhouette si profondément ancrée dans nos imaginaires collectifs en convoquant ses ancêtres ou au contraire en exacerbant l’archétype derrière lequel ils se sont effacés. Des fêtes dionysiaques au cirque moderne en passant par les carnavals médiévaux et la Commedia dell’arte, c’est dans la contradiction qu’il se réinvente. Mais que devient cette métaphore de la transgression dans un monde moralement polarisé ? Qu’il s’épanouisse dans le cinéma d’horreur comme pur agent du chaos, qu’il désigne les outrances éhontées de la présidence états-unienne et du néolibéralisme ultraconservateur qu’elle incarne ou qu’il prenne les traits de ses détracteurs, le clown contemporain redouble de pirouettes pour endosser tous les excès. Longtemps associée à la figure de l’artiste comme simple miroir de sa marginalité, l’image du clown que dresse l’exposition réévalue enfin cette métaphore à la mesure de la fonction sociale souvent assignée à la création contemporaine, préférant la richesse des ambiguïtés aux lectures univoques.

Agenda :
Du 12 avril au 9 mai, vernissage le 11 avril de 18h à 22h, en présence des artistes, performance de Mathis Collins. 

Artistes : Renaud Artaban, Sila Candansayar, Marlène Charpentié, Mathis Collins, Neila Czermak Ichti, Kiki fruit, Marcel Marceau, Michael Price, Jeffrey Vallance
Commissariat : Antoine Champenois
Graphisme : Traduttore, traditore