Réseau artcontemporainParis / Île-de-France

Du 13 - 05 au 01 - 08 - 2026

Surexposée, comme aux rayons X
Sandra Lahire

Sandra Lahire (1950-2001) est une cinéaste qui a évolué au sein de la London Film-Makers’ Co-operative, creuset du cinéma expérimental britannique qui, dès la fin des années 1960, a exploré la matérialité et la structure du médium filmique. Au milieu des années 1980, Lahire intègre dans ses films des enjeux autobiographiques et documentaires, plaçant la pellicule en relation constante avec d’autres substances : celles des corps – humains et non-humains –, des paysages et des flux qui les traversent. À travers un large éventail de techniques créant des surfaces texturées et stratifiées, elle matérialise l’interdépendance des corps, la continuité matérielle entre elle-même et les autres vivants. Depuis sa propre vulnérabilité – Lahire souffre d’anorexie –, elle crée un espace transcorporel où corps et environnement sont liés par leur condition commune de matières perméables et contaminées. Alors qu’elle lutte pour sa propre survie, Lahire relie ces expérimentations cinématographiques à sa propre vision féministe, lesbienne et à son activisme anti-nucléaire.

Le titre de l’exposition, emprunté à Sylvia Plath dont la voix traverse son cinéma, inscrit ces films dans la perspective d’une entité conjuguée au féminin – Lahire elle-même, les travailleuses dans les centrales nucléaires, la pellicule, ou encore la terre –, qui, sous l’effet des rayons X, se trouve attaquée dans sa chair, sa gélatine ou son corps minéral, creusée jusqu’à son squelette. Ici, les rayons X opèrent à plusieurs niveaux : littéralement, ils renvoient aux procédures de radiographie clinique et aux radiations nucléaires ; symboliquement, ils figurent le caractère invasif de l’autorité médicale, du complexe militaro-industriel et plus largement du système patriarcal, capitaliste et colonial. Cette « surexposition » dit la vulnérabilité matérielle de l’ensemble du vivant, non seulement pour dénoncer des rapports de domination et d’exploitation, mais aussi pour proposer une nouvelle éthique fondée sur une corporalité contingente et poreuse, indissociable des matières du monde qui la constituent.

Artiste : Sandra Lahire

Commissariat : Maud Jacquin et Émilie Renard

Scénographie : Jagna Ciuchta

Agenda
Exposition du 15 mai au 1 août 2026
Vernissage : mercredi 13 mai, de 18h à 21h
Fermeture exceptionnelle du 8 au 11 juillet