Réseau artcontemporainParis / Île-de-France

Du 22 - 05 au 19 - 08 - 2026

(((INTERFERENCE_S)))
Festival de substrat sonore - « Augures & Frémissements » - Acte 6

Une visée Externationale, extraterritoriale et sidérale pour ce schizo-festival[1]qui reprend sa morphologie in extenso constituée d’une anarkhè exposition,[2] d’un week-end de climax de performances, de soirées en orbite et de flux en cyberespace.

Le festival ((((INTERFERENCE_S)))) se fait l’étendard de recherches qui s’auto-différencient, s’auto-éditent et engendrent des ordonnancements erratiques – un festival de l’imprédictible, du décodage, du déséquençage, de l’indétermination à saveur hautement poétique porté par des artistes limier.e.s de réalités enfouies et de sonorités insoupçonnées.

Du vaisseau : tonneront, résonneront, vibreront, surgiront des sons émancipés de musicalités – la langue des artefacts, des machines, des médiums, les ressorts sémiotiques de sonorités triviales, des bruits, des vibrations, des présences électro-magnétiques, des élémentaires relégués aux zones subalternisées envahiront les espaces.

Des immanences sonores furtives formeront une ardente canopée proposée à l’expérience, à la sensation et la perception.

Invitant à explorer le substrat sonore dans ce qu’il a de plus désenclavé et de falsificationniste: de l’installation visuelle aux créations radiophoniques en passant par des séances d’écoutes, des concerts et des performances, ((((INTERFERENCE_S)))) donne à mesurer la puissante capacité du son à freaktionnaliser la réalité. Le festival contribue à déployer du virtuel dans l’actuel et à amplifier les possibles.

Au sein de l’espace d’exposition : y résident des intonarumori -[3] qui pour certaines existent de façon autopëetique ou qui sont fulgurées par des gestes artistiques, des pièces qui telles des augures font résonner des présences d’ailleurs et d’un temps non linéaire. Y règne une certaine mysticité qui cohabite à une esthétique du dépeçage, férale, qui blasonne l’improbable assemblagisme[4]- la dissemblance irruptive. Les anatomies et viscères des machines seront éventrées pour en révéler les mécaniques. Nombres d’œuvres médiatisent une herméneutique du « faire » et toutes une esthétique de l’indéfinitif.

L’expérience sonore est d’ordre chaosismique et amène à restituer au réel son inextricabilité, son incommensurabilité – elle est une expérience de l’obscur qui éclaire, de l’errance qui nous donne de nous amarrer à cette dérive qui n’égare pas[5].

Cette édition se voit encore distinguée par un don – un don d’archives du philosophe, théoricien, activiste, artiste, Tetsuo Kogawa – figure incandescente de la radio-art – auteur facétieux de concepts agentifs comme le narrow-casting, plasticien du phénomène de transmission qui a inspiré un projet de radio pirate que nous portons et qui sera lui dévoilé plus tard… quand tout aura été semé.
Elle est encore le fruit d’alliances avec ((le son 7)) – sound art gallery
qui depuis 5 ans présente des pièces uniques d’art sonore, avec le Festival Soft signal qui explore depuis 2017 les interfaces entre les humains et les machines, la réalité et la fiction, le son et le silence. Elle présente deux pièces sonores issues de résidence de création au sein de Q-O2*laboratoire sonore ancré à Bruxelles.

A la faveur de cette édition est également inaugurée une première résidence sonore qui donnera à puiser dans les fonds sonores du Musée du Quai Branly parmi d’autres fonds.

Conspirer veut dire respirer ensemble[6] … conspirons et virtualisons.

Stéphanie Pécourt
Fondatrice et curatrice du festival

Ces performances – qui bouffonisent et sabotent toute posture mandarinale érudite – déminent les ruses socratiques et travaillent l’illusion pour mieux traquer la farce, la vanité qui se farde des atours du sérieux et de la magistralité. Contrariant l’aspiration au spectaculaire, au contentement, elles semblent encore questionner la figure démiurgique du créateur indexée à la définition antithétique du « performatif » – performant.

[1] Schizo-théâtre : Guattari, Deleuze, performance et « folie » par Laura Cull, Flore Garcin-Marrou dans Chimères 2013/2 N° 80 , pages 63 à 73 Éditions érès
[2] Anarkhè-exposition- néologisme inspiré du concept d’anarchitecture et du travail de Gordon Matta- Clark et ce pour qualifier une morphologie singulière d’exposition, qui n’entend pas en être l’antithèse mais qui s’en distingue par sa dimension imprédictible, non figée et non reproductible. Une anarkhè-exposition se définit par son ontologie nomade – elle est pétrie d’œuvres développées en In-Situ qui pour certaines sont éphémères et n’auront existé que par le souvenir qu’elles auront laissé à celles et ceux qui les auront vues, elles deviendront mythologies, souvenirs – une anarkhè-exposition est un territoire liminal où cohabitent des œuvres matérielles et immatérielles, comme des œuvres sonores et où des traces d’agentivités persistent dans l’espace : archives, artefacts de gestes performatifs développés lors de sa mise en acte. Une anarkhè-exposition donne à imaginer ce qui y fut vécu et à projeter des états postérieurs. Elle est le réceptacle de performativités humaines et non humaines – où sont célébrés autant le genius loci d’artistes que d’éléments comme des éléments végétaux, liquides, minéraux, synthétiques… Elle échappe par principe à sa totale maîtrise et à toute aspiration à la conservation. Une anarkhè-exposition psalmodie la fragilité et est innervée par le vivant, elle est intrinsèquement chaotique, délétère et corruptrice de sens (Baudrillard). L’anarkhè-exposition contribue à faire de l’espace qui l’accueille un espace à vocation expérientielle, non prescriptif. Stéphanie Pécourt
[3] Des machines sonores baptisées intonarumori: littéralement joueurs de bruits par les artistes futuristes italiens Ugo Piatti & Luigi Russolo
[4] Pensées artistiques dissidentes nées dans les années 60 en Californie en réaction aux émeutes de Watts par des artistes afro-américains.
[5] Traité du Tout-Monde– Edouard Glissant – Collection Blanche, Gallimard
[6] Définition tirée du livre Radio Alice – Radio libre– collection a/traverso –Laboratoire de Sociologie de la Conaissance – Paris 1977

Artistes : Accou Laposte & Marjolein Guldentops – Alan Affichard – Alexis Bourdon – Alexis Puget – Andrès Navarro Garcia – Basile Richon – Bear Bones, Lay Low – Bertrand Larrieu – Cedrick Mbongo Mbulu – Claire Williams – Cyril Leclerc – Davide Tidoni – Delphine de la Roche – Felix Luque Sanchez – François K – Graciela Muñoz Farida – Hugo Livet alias Oiseaux Fantôme – Hugo Vessiller-Fonfreide – Jérôme Grivel – Jorge Haro – Julien Poidevin – Kinda Hassan – Laszlo Umbreit at Empire Digital – Léonard Pongo – Lesley Flanigan – Lina Filipovich – Luc Avargues – Lucian Moriyama – Maryam Tafakory – Maryia Kamarova – Mirja Busch – MNPL – Myrthe Baptist – Octave Courtin – Pedro Olivera – Roxane Métayer – Sally Decker – Sarah Hennies – Simon Mahungu – Sonia Saroya – Tetsuo Kogawa – Zachary Epcar – Warren Ellis

Commissariat : Stéphanie Pécourt

Agenda
Ouverture du festival et Vernissage de l’anarkhè-exposition : Vendredi 22 mai 2026 à partir de 18h30
18h30 – 19h : Kinda Hassan | fulguration de l’installation
19h – 19h45 : Octave Courtin | concert Atmos en théâtre
20h – 20h30 : Lina Filipovich | Performance sonore Flowers of Evil II en galerie
21h15 – 21h45 : Lucian Moriyama | Concert Moonlighting en théâtre
22h – 22h45 : Alan Affichard | Performance sonore en théâtre
23h – 00h : MNPL | Performance musicale en théâtre

Soirées d’activations et fulgurations pendant le festival :
23 mai – Nuit des musées – de 15h à 22h 
29 mai – Carte blanche aux Rencontres Internationales Paris/Berlin – à partir de 18h30
6 juin – Nuit Blanche – de 15h à 22h