Du 03 - 04 au 13 - 09 - 2026
Studio, wounds and battles, desire is the reiteration of hope
Cathy De Monchaux
Cathy de Monchaux est une figure majeure de la scène artistique britannique. Pour sa première rétrospective, le titre évoque l’atelier comme territoire de luttes et de blessures mais aussi d’attente et d’espoir : celui de retrouver la lumière des institutions longtemps restées absentes.
De 1984 à aujourd’hui, le Palais de Tokyo réunit une centaine d’œuvres pour déplier la multiplicité des langages de l’artiste : sculptures, dessins techniques et bas-reliefs comme autant de fétiches.
Au cœur des sentiments épidermiques, l’artiste agit comme un trait-d’union, une prothèse, une armature reliant l’organique au mécanique, le réel au spirituel, le rêve au cauchemar. Un regard légiste pourrait disséquer ainsi son œuvre : il y a des plis de velours, du métal, du plomb, des fils de cuivre, de la poussière, du papier calque, des rivets, des sangles, du marbre, des orifices, des vulves, des entrelacs fantasmagoriques – de corps de femmes enceintes ou non, de licornes – et des grenouilles qui grouillent dans des forêts enracinées.
Mais l’erreur serait de vouloir cerner par des mots son travail, dont l’intensité échappe à toute réduction intellectuelle. Son imaginaire est celui du grand et tout petit écart, ce déplacement qui rend la sensualité menaçante et la frayeur hypnotique. Il surgit en contre-jour, ouvrant des perspectives dans des profondeurs sensibles qui percent la surface des choses.
Dans Le Plaisir effacé – Clitoris et pensée (Payot / Rivages, 2020), la philosophe Catherine Malabou écrit : « Un corps, c’est toujours un dispositif de transfert, de circulation, de télépathie, entre une réalité anatomique et une projection symbolique. Si le corps n’était qu’une donnée anatomique, il ne survivrait pas à ses blessures. Il lui faut toujours rester au monde, et ce travail d’accommodation suppose une sortie de soi, le montage d’une plateforme entre biologique et symbolique, corps et chair du monde. Le symbolique n’est pas la tombe de la matière, il en est la relocalisation ». Ainsi Cathy de Monchaux sculpte la frontière tactile entre le monde physique et le subconscient.
Artiste : Cathy de Monchaux
Curateur : Hugo Vitrani, assisté d’Inès Fodil